MA MAISON.
Comme tu as changé,
tu as besoin, d'un petit ravalement.
On en est au même point maintenant.
Elle est grande, on y est bien,
surtout quand le soleil donne dedans
comme elle est vieille,
on est au frais.
Mais si elle est âgée,
elle en a vu, du monde passer.
Moi quand je l'ai achetée,
c'était pour les enfants, pour faire, leurs vacances.
Quand ils seraient grands.
Ils ont grandi, se sont
envolés,
maintenant la maison est vide,
il n'y a plus de coeur qui rit,
les parterres de fleurs sont vides.
La nature à petits pas,
reprend sa place.
Tout s'en va,
tout est triste, maintenant,
que mes enfants sont partis.
Plus de cris, d'enfants jouant,
plus de fou rire, non plus.
On se meurt dedans.
Ce n'est plus comme avant.
Moi je reste loin des habitants,
de temps en temps, un passant.
Mes chiens aboient pour me prévenir,
mais la maison est vide.
Elle se meurt doucement.
Avec le temps,
d'ici quelques printemps,
il n'y aura plus âme dedans.
Le coeur est parti, avec mes enfants.
Donc pourquoi vivre maintenant.
Pourtant il y avait tout
dedans,
j'ai travaillé des années, pour donner leur bonheur.
Ils l'ont abandonnée, et moi aussi.
Elle était jolie, avant,
pimpante, il y avait des rires dedans,
des chevaux, galopants,
il n'y a plus rien maintenant.
C'est triste une maison
vide,
alors pourquoi continuer à souffrir,
elle et moi, on a donné notre dernier sourire.
L'été est passé, mais on nous a laissé.
On a tout perdu, alors
pourquoi rester.
Il ne faut pas se leurrer,
on est déjà enterré.
Moi je leur avait tout donné,
j'en avait oublié, ma vie de femme, pour celle de mère.
Mais je vais la remonter,
l'habiller comme au temps passé,
elle va redevenir, la plus belle, la plus coquette.
Par la même occasion, je vais en profiter.
Pour me réhabituer,
à vivre, à manger.
À me faire aussi
une beauté,
et qui sait, on va peut être, nous adorer.
En tous cas, si j'ai les bras baissés,
par tant de contrariétés,
je vais me racheter,
et oublier le passé,
enfin essayer.
le 11 avril 2003

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