UNE GOUTTE SIMPLEMENT.

J´avais jadis un espoir,
tellement-grand,
Comme une goutte de sang
Qui peut faire des mystères,
Comme ce grand mystère,
De redonner vie à un mourant,
Par une goutte de sang,
Une seule goutte.
De sang.
Une toute petite goutte de sang.
Pareille à cette bouteille à la mer,
Ce flacon,
Jeté à la mer par un matelot
Égaré quelque part.
Dans une île lointaine,
Qui après mort certaine,
S´est réfugié dans une grotte,
A l´abri des vents,
Du froid cinglant,
Des vipères,
Des scorpions,
Du désespoir,
De la solitude,
Et après maintes efforts en vain.
A cru bon.
De jeter bouteille à la mer,
Et comme la bouteille était rare,
Il a pris un flacon,
Débris d´une antique guerre,
Un tout-petit flacon.
Un couteau,
Et une incision au niveau du coeur…
Il a tinté de sang l´intérieur.
Du tout-petit flacon.
Avec un grand S de détresse,
Un grand O de « je meurs »
Et un autre S de gémissements…
Un S.O.S de « sauvez un fou »,
Un dingue de vous,
Si triste sans vous, de vous,
Si malheureux.
Qui s´est égaré en vous cherchant,
Qui s´est oublié en rêvant.
De vous rejoindre,
De trouver un coin dans votre coeur,
Malgré l´ouragan,
Malgré les mers,
Malgré les pleurs,
Malgré l´enfer d´aimer
Sans être aimé,
Et malgré tout.
Et malgré rien du tout.
C´est une âme qui peine,
Une âme comme la tienne,
Qui boit l´eau,
Qui respire,
Qui rêve comme vous,
Qui aime la vie.
Comme vous l´aimez.
Et qui refuse de mourir.
Sans pouvoir vous dire :
Combien, je vous aime ma dame,
Ma demoiselle, ma femme,
Mon ange gardien,
Mon talisman,
Combien, je vous aime,
Mais combien,
Quand ?
Pourquoi et comment ?
Des interrogations ?
Des exclamations !
Trop d´inconnues,
Trop de vecteurs
Dans une simple équation
De destin et de coeur…
Mais c´était un espoir,
Une goutte de sang,
Un flacon.

Une mer
Et un matelot qui attend ;
Une ombre propice à l´horizon,
Un bateau, un radeau
Ou seulement une d´image,
Un semblant visage.
De son Amour béni.
Engendré dans sa destinée.
Depuis cette dispute de rage.
Qui l´a poussé à prendre le large..
Mais, comment voir un cheveu fin.
Dans une botte de foin ?
Comment localiser une graine noire.
Dans un vaste désert ?
Comment distinguer un oiseau vert.
Dans un champs vert.
Si l´oiseau ne bouge pas,
Ne chante pas.
Et ne veut battre ses ailes.
Pour prendre le ciel ?
Par Amour, dit-on,
Aujourd´hui, demain et toujours,
Ce don des précieux des cieux,
Cet énorme trésor.
Qui fait vibrer les pierres.
Et affaiblir les rois et les empereurs,
Ce noble sentiment d´existence,
D´appartenance, de jouissance.
Qui dénude la raison du sens,
Qui fait qu´on souffre en silence,
Qui fait qu´on tue,
Qu´on s´entretue,
Qu´on devient têtu,
Qu´on perd la vertu,
Qu´on se sacrifie,
Qu´on se pétrifie
Et qu´on dépit de cette magie noire
On savoure un arrière goût amer,
Un venin candide
Qui fait pousser les rides,
Un venin mouvant
Sous l´aile invisible du vent
Qu´on inspire un jour de hasard,
De destin ou de rien,
Qu´on ressent encore le soir,
La nuit et le jour qui vient.
Et qui peu à peu.
Tout temps, tout lieu.
Nous fait vivre,
Survivre. …
Espérer,
Que la goutte du sang,
Le flacon,
La mer et le matelot...

le 16 juillet 2003


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